De l’utilité des métiers d’encadrement de l’animal de compagnie

De l’utilisation de l’e-learning pour l’acquisition des compétences – 2eme partie

2 – Comment devenir un spécialiste de l’accompagnement de l’animal de compagnie

Les actions qui nous concernent à l’ACCEFE : formation coach canin, formation comportementaliste canin, formation éducateur canin, formation comportementaliste félin, ACACED. Certaines de ces formations se déroulent de manière mixte, e-learning et présentiel.
Les formations de comportementaliste, quelles qu’elles soient, diffèrent et souvent s’opposent sur deux orientations, l’acquisition de connaissances et l’acquisition de compétences. Or ces deux voies ne sont pas concurrentes mais complémentaires. La compétence s’acquiert par la répétition des expériences positives mais aussi inévitablement des échecs. La connaissance peut s’acquérir de diverses manières, livresque, visuelle, abstraite, verbale ; son intérêt est d’aider à une acquisition des compétences par la proposition littérale ou théorique d’issues favorables facilitant l’apprentissage. Elle limite l’apprentissage par erreur en expliquant ce qui conduit à la réussite ou à l’échec.
En ce sens l’e-learning, que nous retrouvons même en proposant des démonstrations en vidéo, se limite à l’acquisition de connaissances, il ne permet que l’appropriation limitée des compétences. Par contre, il oriente vers la réussite, en orientant vers un processus d’apprentissage par action positive.
Pour être clair, illustrons cela dans un domaine qui n’est pas le nôtre, l’équitation. Apprendre à monter à cheval peut-il se faire uniquement en lisant des textes de recommandation sur écran, et en regardant des films didactiques ? Peut-être, après de nombreux essais ratés, et pour autant qu’on ne se soit pas blessé, arrivera-t-on à monter de manière médiocre. Dans ce cas de figure, avons-nous acquis des connaissances ? Bien sûr. Avons-nous acquis des compétences que nous pourrions transmettre à des collègues ? Évidemment non.

C’est d’ailleurs un des travers du système de formation distancielle aujourd’hui. Ignorant dans un domaine, je vais suivre sur ordinateur une formation courte, formatée, sans personnalisation, auprès d’un spécialiste plus ou moins reconnu. J’en ressors certifié, j’ai appris éventuellement quelques « tours de main ». Ai-je acquis des compétences ? Certainement pas, car pour le prétendre il me faudrait conforter mes acquis en recourant à une pratique de terrain suffisamment importante. Je ne suis pour le moment qu’un « répétiteur ».
On est loin ici de la compétence assise sur l’expérience réussie et répétée, qui permet de s’affirmer spécialiste et ouvre la porte à l’enseignement à des tiers en vue de les faire profiter de notre expérience pour leur propre acquisition de connaissances, ainsi que pour la future pratique d’un métier.
C’est l’éternel débat de l’opposition entre l’éducation professionnelle proposée par exemple par l’éducation nationale et celle que les professionnels du métier peuvent présenter, surtout s’ils interviennent dans la pratique du métier.
La première, lorsqu’elle intervient dans des collèges stables, offre des acquisitions de connaissances ; la seconde s’attache à proposer aux apprenants les expériences du métier, s’appuyant sur la pratique, avec parfois des raccourcis qui n’abordent pas suffisamment le domaine des connaissances. Dans l’enseignement public, on retrouve ce besoin de complémentarité entre acquisitions de connaissances et de compétences dans le domaine de la santé humaine ou animalière : les apprenants médecins passant par le statut d’interne hospitalier durant leur parcours de formation, les élèves vétérinaires participant aux consultations internes de leur école et suivant de nombreux stages pratiques en externe dans le milieu professionnel. Dans bien d’autres domaines de l’enseignement, les contacts avec la réalité de pratique du métier envisagé restent anecdotiques dans leur intensité et leur contenu. L’enseignement y est le plus souvent magistral, abondant dans le domaine des connaissances mais déficient dans le domaine des compétences. Ce qui est certain, c’est qu’exercer dans le vivant ne laisse pas la place à l’échec, les compétences de terrain l’emportent largement sur les connaissances livresques ou informatiques.

Revenons à l’e-learning. On peut différencier les sujets de l’enseignement entre ceux abordant le domaine purement scientifique, la méthodologie à distance pouvant assez facilement être présentée en distanciel, et ceux abordant le vivant, qu’il soit humain ou animalier, où le contact est primordial.
Les connaissances scientifiques sont réputées stables, peu évolutives sur le temps court et donc peuvent s’enseigner au travers d’ouvrages, de téléchargements, de visuels, de séquences filmées accompagnées par des propositions pédagogiques plus ou moins adaptées. Bien sûr elles sont régulièrement enrichies et parfois partiellement remises en causes par de nouvelles découvertes. La transmission de ces connaissances se heurte cependant à un écueil de taille : la capacité d’apprentissage cognitif de l’apprenant et sa disponibilité de concentration étalée dans le temps.
Ainsi, dans cette pratique, on constate souvent un taux de renoncement significatif lorsque l’enseignement s’étale sur une longue période et concerne un ensemble de sujets divers mais complémentaires. Ceci est typique de l’enseignement professionnel virtuel.
Un des avantages toutefois de l’enseignement à distance, au chaud, bien installé devant un écran, la tasse de café à portée de la main, est qu’il peut apporter un volume de connaissances important à ceux qui ne se destinent pas à une utilisation professionnelle de leurs acquis. Pour autant qu’ils aient, comme déjà dit, la capacité de concentration et la disponibilité nécessaires.

La conclusion de ce propos est simple. Une formation courte d’une à deux journées en e-learning est intéressante et peut, si les supports sont sérieux et structurés, enrichir les connaissances de l’apprenant.
Si en revanche on recherche l’acquisition de compétences permettant d’exercer rapidement un métier, ce mode d’enseignement est carrément insuffisant voire hasardeux car il condamne l’apprenant à acquérir ses compétences exclusivement par des expériences successives conduisant souvent à l’apprentissage par erreur, lequel est désastreux dans le domaine du vivant.
Les domaines explorés pour harmoniser la relation de l’animal de compagnie et de son détenteur, et réciproquement, sont complexes puisqu’ils nécessitent la maîtrise de savoirs (connaissances) variés et s’interdisent les approches par expérimentation sur le vivant dans l’acquisition des compétences. Ceci confirme que le professionnel acquiert son métier bien sûr par l’acquisition de connaissances mais aussi par l’acquisition de compétences pratiques issues de la transmission par des pairs expérimentés.
Les domaines de compétences dans les métiers du comportement animalier – mais ne devrions nous pas le plus souvent dire dans le comportement de l’homme face à l’animal de compagnie – sont au nombre de trois :

  • Connaissance du statut de l’animal, de son espèce, des besoins propres à son espèce, compréhension de sa personnalité, ou plutôt de son animalité. (Éthologie, coexistence significative).
  • Connaissance des interactions et motivations humaines : Chaque cohabitant d’un animal de compagnie a sa propre personnalité, ses propres motivations, ses propres disponibilités, ce qui fait que chaque dyade a sa propre spécificité et, lors de la rencontre de difficultés, aura besoin d’une aide d’approche personnalisée.
  • Compréhension des milieux de vie concernés : malgré la bonne volonté de l’animal et de son référent, les propositions qui seront faites se doivent d’être réalisables ; elles dépendent le plus souvent de la structure et de l’aménagement du milieu de vie ainsi que de la disponibilité et de la motivation des acteurs.

Ce qui se passe actuellement dans l’enseignement professionnel concernant ces trois domaines est essentiellement la présentation de raccourcis : mettre dans des cases générales des recettes correspondant à des observations sommaires et proposant des actions liées à des symptômes rapidement énumérés. On retrouve là les différents ingrédients qui permettent de se débarrasser de la question posée et selon sa propre spécialité, on affirme : « Cet animal est dominant, ses besoins éthologiques ne sont pas respectés, il est HsHa ». Il en découle des actions bien souvent totalement inadaptées : éducation en punition positive, propositions complètement irréalisables de modification du milieu de vie et des interactions, médicalisation ne s’intéressant qu’à la production des symptômes. Ces raccourcis mènent souvent à des échecs incompréhensibles pour les acteurs ou ignorés par les conseilleurs (coachs), voire aggravent la situation.La compétence, répétons-le, ne peut s’acquérir que par la pratique s’appuyant sur la connaissance. Elle s’attache à rechercher les causes plutôt qu’à combattre les effets. L’acquisition la plus rapide se fait avec l’aide d’un ou plusieurs professionnels reconnus du métier.Ainsi les métiers du vivant se doivent obligatoirement de mixer l’acquisition des compétences et des connaissances. Le distanciel sec lorsqu’il n’est constitué que d’une simple initiation n’apporte que des connaissances, peu ou pas de compétences.

Ce qui se passe actuellement dans l’enseignement professionnel concernant ces trois domaines est essentiellement la présentation de raccourcis : mettre dans des cases générales des recettes correspondant à des observations sommaires et proposant des actions liées à des symptômes rapidement énumérés. On retrouve là les différents ingrédients qui permettent de se débarrasser de la question posée et selon sa propre spécialité, on affirme : « Cet animal est dominant, ses besoins éthologiques ne sont pas respectés, il est HsHa ». Il en découle des actions bien souvent totalement inadaptées : éducation en punition positive, propositions complètement irréalisables de modification du milieu de vie et des interactions, médicalisation ne s’intéressant qu’à la production des symptômes. Ces raccourcis mènent souvent à des échecs incompréhensibles pour les acteurs ou ignorés par les conseilleurs (coachs), voire aggravent la situation.La compétence, répétons-le, ne peut s’acquérir que par la pratique s’appuyant sur la connaissance. Elle s’attache à rechercher les causes plutôt qu’à combattre les effets. L’acquisition la plus rapide se fait avec l’aide d’un ou plusieurs professionnels reconnus du métier.Ainsi les métiers du vivant se doivent obligatoirement de mixer l’acquisition des compétences et des connaissances. Le distanciel sec lorsqu’il n’est constitué que d’une simple initiation n’apporte que des connaissances, peu ou pas de compétences.

La vulgarisation de l’intelligence artificielle rend encore plus complexe l’acquisition des connaissances puisqu’il suffit maintenant de la questionner pour connaître, et non pas pour savoir. En effet, là encore, il n’est pas pensable d’intervenir dans le vivant en demandant à une machine de bien vouloir nous donner des suggestions face à une situation complexe et variable dépendant à la fois de la personne, de l’animal et du milieu de vie que l’on cherche à assister. Elle ne peut nous apporter, tout du moins aujourd’hui, que des réponses passe-partout à caractère général, parfois transposables, mais dans tous les cas dépersonnalisés. Enfin, il reste encore la question de l’accès à l’énergie. En abandonnant nos connaissances à la machine, que deviennent-elles lorsqu’il n’est plus possible de se raccorder à un réseau informatique ? Que vais-je faire lorsque mon chien se blesse ou fait face à un sanglier au milieu de la forêt alors que mon téléphone est déchargé ou que le réseau ne répond plus ? Bien entendu, l’intelligence artificielle nécessite un autre débat à caractère civilisationnel et sociétal qui n’est pas notre sujet de réflexion de ce jour.
La complémentarité entre compétences et connaissances est la démarche adoptée à l’ACCEFE. L’e-learning en place dans les formation comportementaliste canin et formation comportementaliste félin est accompagné par le tutorat d’un professionnel reconnu, à disposition de l’apprenant. La pratique est, elle, obligatoire ; de manière complémentaire dans les formations précitées pour que l’apprenant puisse être mis en situation de manière virtuelle (jeux de rôle) et concrète (pratique de terrain de manière à initier l’acquisition des compétences). Elle est intégrale dans la formation éducateur canin.

Dans nos formations ACCEFE, les certifications s’appuient sur la vérification de l’acquisition des bases indispensables à la pratique du métier en termes de connaissances et de compétences. Cependant ces valeurs sont en évolution permanente, aussi l’ACCEFE offre-t-elle à ses apprenants la possibilité de suivre l’évolution des connaissances du métier et de participer à l’échange des expériences significatives de tous les anciens apprenants.
Jean-Claude ARNAUD
Directeur ACCEFE

Construction de la relation homme/animal

L’historique de la relation de l’homme à l’animal est maintenant assez bien connue. Avant le début de la domestication l’animal était une ressource alimentaire d’opportunité quelle que soit l’espèce, il nous a fallu ainsi en communauté apprendre à chasser pour survivre et alterner un régime alimentaire mixte, végétal et carné. L’élevage n’existait pas mais il était plus ou moins, quelle que soit l’espèce, ce que nous nommons aujourd’hui dans le cadre de l’élevage « animal de rente », à l’époque en suivant les troupeaux de mammifères, c’est-à-dire animal destiné à la consommation.

La relation inter espèce homme animal commence il y a environ 15 000 ans avec la domestication du chien. Elle se poursuit et se renforce il y a 6 000 ans au moment de la sédentarisation, avec le chat principalement actif pour protéger les récoltes des rongeurs s’attaquant aux récoltes et aux stockages des céréales, puis le cheval pour le transport et le travail de la terre, les bovins pour les travaux de traction, de labour, de nourrissage.

Commensalité réciproque

L’homme comprend bien l’utilité de cette coopération, il en tire bénéfice et voit sa sécurité alimentaire interdépendante avec ces espèces se développer. Réciproquement l’animal maintenant domestiqué s’adapte et trouve lui aussi un intérêt à cette convivance, hors période de disette sa recherche de ressource alimentaire se trouvant nettement simplifiée. Les espèces concernées vivent alors une forme de commensalisme bénéficiaire aux deux parties.

De cette interaction nait une relation de complémentarité, l’homme : « j’ai compris qu’il fait ou sait des choses que je ne peux pas ou ne sait pas faire », le chien : « lui sait organiser un mode de vie assurant la tranquillité et la sécurité ». Chaque partie conserve une part de mystère issue de sa perception sensorielle qui, pour l’humain, par extension ou ignorance peut revêtir une signification spirituelle.

Croyances

Ainsi se développent les croyances et religions animistes et chamaniques, l’inconnu ou l’incompréhensible appartient aux esprits ou à mère nature. Un lien de respect réciproque s’établit qui devient parfois affectif, l’animal entre dans la vie sociétale de l’homme. Parfois ce lien devient mystique, au-delà de l’intérêt collaboratif lié à la survie s’établit une relation à caractère spirituel, et lorsque le guide termine sa vie son compagnon l’accompagne encore au-delà de la mort.

En relation aux différentes espèces concernées on peut encore de nos jours rencontrer des relations affectives réciproques homme bovin, elles sont plutôt rares, alors que la relation homme équin est, elle, un peu plus présente mais freinée par les coûts importants nécessaires pour la maintenir dans un monde industrialisé et urbanisé.

Cheval_et_indien

Ces vingt siècles de cohabitation ont, avec plus ou moins de variations associées aux croyances, développé le besoin d’une relation affective à caractère inné que nous portons tous plus ou moins et qui, malgré la réduction de la ruralité, perdure chez une grande partie de nos contemporains citadins.

Évolution de la relation de l’homme à son animal de compagnie

Aujourd’hui, pour l’homme de la ville, il n’est généralement possible de satisfaire ce besoin persistant qu’avec un animal de petite taille tout du moins inférieure à la sienne, les rongeurs, les félins, les canins. Ici on différenciera la relation affective et la relation complémentaire. Aujourd’hui le « nouvel animal de compagnie » satisfait l’attente affective de nos confrères, mais cela à sens unique, il n’existe pas, peut-être à de rares exceptions près, de nouveaux animaux de compagnie utilisés pour un travail, explicitement capable de compléter l’activité humaine. Ainsi l’animal de compagnie devient animal objet jusqu’à devenir animal de consommation et substitution affective allant parfois jusqu’à la substitution de notre propre descendance par objet de substitution affective, le chien ou le chat enfant de substitution.

Pour le chat domestique la comparaison avec le chien montre des possibilités associatives différentes car il est prioritairement territorial, il n’est pas socialement coopératif. Cependant lorsqu’on lui propose une vie confinée, en appartement par exemple, il peut malgré tout développer des formes de socialité avec l’humain vivant avec lui. Dans cette situation, lorsqu’il s’adapte à cette restriction territoriale il peut s’attacher à son référent et produire une ébauche de comportement social dépendant. Il est alors complètement dépendant il est complètement, la réciproque inverse de dépendance, de l’homme à son chat, ne peut avoir dans ce cas qu’un caractère affectif, qui satisfait au moins partiellement ce besoin de contact à l’animal.

Le comportement social du chien

Sur ce sujet le chien hérite de la vie de son ancêtre le loup l’expression du besoin d’une existence communautaire, objectif implicite inscrit dans sa génétique, carrément Darwinien, la survie de la meute qui naturellement garantit la survie de l’espèce. C’est probablement le seul trait de caractère commun entre canis lupus et canis familiaris, nos chiens ne sont plus des loups. Clairement chacun doit assumer une activité bénéfique pour la communauté, à charge de la communauté de lui offrir le nécessaire pour sa survie, pour nos chiens cet héritage génétique lointain reste persistant. Le plus souvent nous n’avons pas conscience de cette exigence et par ignorance bridons ce besoin d’expression. Si le loup a des capacités d’adaptation au milieu de vie bien supérieures à d’autres espèces, le chien domestique a perdu ce potentiel, nos chiens ne sauraient survivre dans un milieu étranger. S’il est condamné à retourner vivre sans relation avec l’homme il reconstruit alors une structure sociale intraspécifique mais très lointaine de celle du loup, le plus souvent d’ailleurs il reste en périphérie de l’activité humaine.

La vie du chien dans les communautés humaines primitives

Dans ce qui reste des communautés humaines anciennes vivant avec des chiens, tribus encore isolées ou en voie d’occidentalisation, le canidé vit libre en groupe spécifique attaché à une cellule de vie humaine le plus souvent familiale de laquelle il fait intégralement partie. Dans les moments où la collaboration ne lui paraît pas nécessaire il évolue en périphérie, en pack, attentif aux actions humaines et, lorsqu’elles s’initient productives, participe en fonction de ses compétences. Si à la question « avons-nous un esprit » la réponse indigène est très largement et positivement unanime, la même question posée à propos du chien apporte la même réponse « comme nous le chien possède un esprit ». L’idée de réincarnation dans l’espèce uniquement est aussi relativement présente mais n’a pas de caractère systématique. Et Rosa, une indienne Pitaguary, de nous expliquer « les chiens sont comme des enfants de cinq ans, à la différence qu’ils sont bien plus faciles à éduquer que ces derniers ».

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Dans ces communautés la relation hétérospécifique n’est pas structurée par l’obéissance mais par la collaboration. Dans les tribus indiennes il n’y a pas de comportementaliste canin ou d’éducateur canin. Le Chaman ou le Cacique n’organisent pas de formation éducateur canin ou de formation comportementaliste canin. Chaque espèce respecte l’autre et ce que nous considérons comme l’acceptation des consignes de base est en fait l’acceptation de règles de vie communautaire. Il est naturel pour le chien de venir lorsqu’on l’appelle et pour son référent de ne solliciter l’animal que lorsqu’il en a besoin pour une tâche bien spécifique utile à la communauté, la chasse par exemple. Et pourtant les chiens collaborent sans réserve lorsque leur collaboration se montre nécessaire, on le voit encore dans notre monde avec le chien de travail capable d’aller jusqu’à l’épuisement lorsqu’une tâche lui est confiée. Bien sûr ils ne sont pas universels, ils ont chacun leurs propres capacités et compétences et connaissent intuitivement les domaines dans lesquels ils sont les plus performants.

Évolution de la relation homme / animal

Tout ceci l’homme moderne l’a gommé, l’animal se doit maintenant d’obéir même lorsque cela n’a rien de productif ou d’essentiel ou d’utile. Notre méconnaissance des besoins sociaux des chiens conduit souvent à les marginaliser en leur retirant toute initiative socialement fructueuse. C’est ici la source de ce que nous nommons les troubles du comportement, exiger l’absence de production comportementale, exiger des soumissions sans intérêt dans une présente situation ou incompatibles avec l’espèce, la race, la personnalité du sujet est contraire à leur nature. Le milieu de vie qui leur est bien souvent incompatible à l’expression de leur nature. C’est à partir de ces constatations que s’est créé le métier de comportementaliste.

L’objectif du comportementaliste ne devrait pas se restreindre à l’observation des comportements animalier, un peu comme si la médecine humaine se contentait d’observer des symptômes et s’évertuait à les faire disparaître sans s’intéresser à leur cause, mais doit s’investir à relever tout ce qui dans l’environnement peut être générateur de stress : la personnalité des référents, la structure familiale, l’aménagement spatial, la possibilité d’expression des besoins de l’animal, les structurations temporelles, l’activité, le repos, les routines, la nature même de l’animal. Une des principales erreurs dans ce métier est de se conformer à la référence en médecine humaine les DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) soit : la liste des symptômes induit la définition d’une pathologie comportementale – les actions et traitements à prescrire.

La nature de la relation homme / chien

On comprend alors que l’équilibre n’est pas uniquement réglé par l’obéissance mais par l’épanouissement réciproque. Cette philosophie est difficilement applicable dans notre mode de vie ou la cohabitation avec l’animal est de plus en plus en plus difficile. Et cependant les personnes qui ont la possibilité de s’engager dans ce sens en tirent un bénéfice réciproque significatif. A titre d’exemple, lorsque c’est réalisable, l’animal de compagnie qui accompagne son référent au travail ne produit pas de troubles du comportement, mieux il est un facteur d’apaisement du groupe professionnel et un motivateur de l’activité professionnelle du référent et de son entourage.

Education_canine_collectif

Si pour le chien de travail il est le plus souvent nécessaire d’obtenir une obéissance stricte, le chien de famille lui n’est mis que très rarement en situation d’objectif à atteindre sans délai. Bien entendu il existe des situations difficiles à interpréter pour l’animal pour lesquelles il est impératif de pouvoir anticiper préventivement car il ne peut ni ne sait interpréter toutes les situations de la vie développée par l’humain. L’éducation canine telle que nous la pratiquons en collectif est bien incapable d’apporter des réponses satisfaisantes à ce que nous venons de développer. Un catalogue de consignes à respecter quelles qu’en soient les circonstances n’a jamais permis d’affronter les variations permanentes de la vie, nous n’évoluons pas, heureusement, dans un monde répétitif et invariant réglé comme une horloge.

La réponse à cette interrogation resterait alors la capacité d’adapter les enseignements en fonction de l’animal lui-même et du milieu dans lequel il doit vivre. Certains éducateurs canins conscients du problème lié à l’enseignement collectif tentent de faire évoluer les méthodes en intégrant dans leurs prestations des exercices à caractère ludique ou stimulants. Cependant le fait même du collectif limite le temps disponible pour chaque dyade, une heure de cours par semaine proposé à une dizaine de participants laisse peu de temps à un travail créatif transposable dans la vie quotidienne.

Objectifs en éducation canine

Le premier frein est ici l’investissement à faire par le détenteur de l’animal. Un programme de cours particuliers à domicile n’a pas le même coût que la participation à des cours collectifs en club. Et pourtant l’efficacité des seconds est très relative. Il faut du temps pour obtenir des résultats significatifs dépersonnalisés et bien souvent les résultats obtenus en formation durant le cours collectif ne sont pas ou mal reproduits dans le milieu de vie.

Le second frein provient du niveau de compétences des éducateurs canins. Sans remettre en cause les méthodes qu’ils utilisent, certaines proches de la maltraitance, leurs connaissances en psychologie humaine sont souvent lacunaires.

Education_canine_individuel

Et nous arrivons ici à une double conclusion. Tout d’abord pour entretenir une relation harmonieuse avec son chien de compagnie il n’est pas nécessaire de l’obliger à apprendre un registre d’une cinquantaine de consignes à respecter à la lettre pour pouvoir vivre ensemble de manière équilibrée et épanouie. En clair l’éducation canine comme nous la pratiquons le plus souvent aujourd’hui ne serait pas adaptée à nos attentes. La réalité c’est que ce n’est pas le chien seul qui nécessite une éducation mais la dyade homme/chien. Si on veut se baser sur un standard élargi il est nécessaire de savoir choisir ce qui est important pour que le chien et son référent développent une relation riche et harmonieuse intuitivement acceptée dans leur contexte de vie.

Alors ? Éducateur canin ou comportementaliste canin ?

Dès lors on comprend que l’activité qui cherche à aider à créer une relation équilibrée avec l’animal de compagnie quel qu’il soit nécessite d’acquérir un minimum de connaissances puis de compétences en psychologie et relation humaine. Clairement les formations de comportementaliste animalier et d’éducateur animalier sont complémentaires et à notre époque ne devraient faire qu’une. A l’ACCEFE la formation comportementaliste canin et la formation éducateur canin se rejoignent en une seule formation coach canin, la formation comportementaliste félin aborde aussi le domaine restreint de l’éducation du chat.

Désolé de le dire ici, peu de formations professionnelles dans ces domaines ont le niveau requis par l’exigence du métier. La question concerne directement les enseignants. Seront-ils capables d’initier leurs apprenants à l’appréhension du fonctionnement du milieu de vie ? Ont-ils une expérience créative de l’éducation canine à passer aux apprenants pour l’enrichissement et la personnalisation de l’éducation canine ?

Cours_elearning_education_canine

Les propositions de formation exclusivement à distance ne sont que des leurres, comment pourraient-elles aider à conduire un entretien dans une famille et proposer une démarche évolutive et si nécessaire d’éducation adaptée. Comment sans aller au contact de chien peut-on prétendre avoir le minimum de compétences requises pour faire face à la diversité des situations générées par les chiens et leurs conducteurs sans en avoir rencontré physiquement ? Comment sans aller au contact des conducteurs de chien peut-on acquérir les compétences à les aider à devenir les référents de leur animal ?

Quelles conclusions ?

Reste maintenant à constater que l’ignorance et la méprise du contenu de la relation de l’homme à l’animal de compagnie, malgré les efforts associatifs et législatifs, est marquée par une sévère dégradation qualitative. L’animal lors de l’acquisition est attendu comme ayant des capacités sensorielles et un psychisme équivalent au notre, lequel dans sa réalité, dans chaque espèce est extrêmement varié en fonction des individus et des cultures. La réunion des deux espèces très différentes débouche rapidement sur un malentendu, les attentes anthropomorphiques ne pouvant être atteinte la séparation du fait de la décision de l’homme devient inévitable. Et c’est ainsi que, dans une société où nous sommes de moins en moins accaparés par le travail il y a de plus en plus d’abandons d’animaux de compagnie. Les refuges n’ont jamais eu à supporter sur des périodes aussi longues un flux de plus en plus important de de renoncements. L’intelligence artificielle se substituera-t-elle à la relation à l’animal de compagnie ? L’ami IA va-t-il remplacer l’ensemble de nos relations au vivant ?

Jean-Claude ARNAUD

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