De l’utilité des métiers d’encadrement de l’animal de compagnie

De l’utilisation de l’IA pour l’acquisition de compétences

IA

 

Homme autonome ou homme télécommandé ?

L’ACCEFE s’emploie à former des professionnels de la convivance de l’homme et de son animal de compagnie spécifiquement le chien et le chat. Les modules que nous proposons :

Ces métiers interviennent dans le vivant, ils ne peuvent être réalisés exclusivement à partir de barèmes, équations, algorithmes, enregistrements de vécu antérieur. Chaque situation révèle une particularité liée à la personnalité de l’homme, de celle de l’animal, de l’environnement général d’évolution.

Connaissances et compétences

Il est fréquent de confondre connaissances et compétences. La différence essentielle tient en deux mots :

  • Connaissance = savoir
  • Compétence = savoir faire.

La compétence s’acquiert par la mise à l’épreuve du savoir, l’application heureuse ou malheureuse de ce qui a été appris soit par l’acquisition de connaissances soit par des suites d’expériences positives ou négatives. On parle alors dans ce dernier cas d’acquisition de compétences par hasard ou par erreur, après expérience on a appris ce qu’il faut faire ou ne faut pas faire pour atteindre un objectif. Notre ancêtre a certainement développé ses compétences dans l’utilisation du feu par expériences négatives, voir ce qui lui appartient détruit par la flamme, expériences positives, la nourriture carnée est plus facile à assimiler lorsqu’elle est accidentellement cuite. Ces expériences bâtissent un ensemble de connaissances transmissibles à la descendance qui à son tour va acquérir les mêmes compétences mais bien plus rapidement que par le chemin des expériences, c’est toute la valeur de l’oral puis de l’écrit. Certains primates, par exemple, en sont actuellement à l’initialisation de ce processus, si nous leur laissons cent à deux cent mille années d’évolution autonome il n’est pas impossible de les voir développer des sociétés évolutives favorisant l’extension de leur espèce. Ceci bien sûr si d’autres espèces, l’homme en particulier, ne viennent interrompre le processus évolutif.

Les normes morales viennent aussi freiner ou modifier l’acquisition de connaissances par expérimentation. De plus en plus aujourd’hui on tente d’éviter l’expérimentation animale. Son bien fondé est d’ailleurs largement remis en cause car les informations obtenues ne sont pas systématiquement transposables à notre espèce. Ces actions sont considérées dans la société occidentale comme relevant de la maltraitance active et, par conséquent, contraires à la morale sociale.

 Acquisition de connaissances à l’ACCEFE

A l’ACCEFE nous nous attachons à transmettre des connaissances et aidons à initier l’acquisition de compétences.

 Acquisition des connaissances

Deux formes d’enseignement sont mises en œuvre :

  • Présentiel
  • Distanciel

Présentiel

Ce sont les stages en collectif ou l’enseignement est dispensé par un animateur ou plusieurs dont les compétences sont reconnues et qu’il met en œuvre dans ses activité professionnelles. L’acquisition des connaissances est vérifiée par un système d’examen individuel en différé d’une à deux deux semaines le plus souvent par QCM. L’utilisation de l’Intelligence Artificielle n’est pas possible dans ce cas. Si les résultats sont insuffisants l’apprenant peut, sans charge supplémentaire, suivre à nouveau cette formation. Sont concernées :

Distanciel

On est ici dans une spécificité ACCEFE, nous voulons éviter l’apprenant qui passe son temps devant un écran, on sait que rapidement la capacité d’intégration de la présentation diminue et parfois devient même lassante. Dans chaque formation concernée l’enseignement à distance est constitué d’une vingtaine de chapitres à étudier. L’apprenant est accompagné durant tout son parcours par un tuteur ou tutrice qui va l’aider à assimiler les contenus de la formation. Un chapitre est envoyé, il va lire à son rythme, l’étude se termine par un contrôle des acquis sous forme de questionnaire ouvert. La rédaction du contrôle est transmise au tuteur qui va évaluer la réponse. Si elle est d’un niveau suffisant le chapitre suivant sera libéré, dans le cas contraire il sera demandé d’approfondir les points insuffisants et de retourner un complément de contrôle. Ici intervient pour l’apprenant la possibilité d’utiliser l’IA pour développer ses réponses avec le risque de sortir du cadre enseigné.

Les formations concernées sont :

Les retours des apprenants qui utilisent l’IA pour ces réponses sont mitigées. Bien souvent le sujet est élargi en apportant des généralité. Dans d’autres cas apparaissent des affirmations étrangères à l’enseignement dispensé, parfois complémentaires, souvent contradictoires.

Acquisition des compétences

A l’ACCEFE notre préoccupation est bien l’acquisition des compétences, l’utilisation des connaissances dans le vivant. La difficulté c’est qu’il n’est pas possible de proposer à un groupe d’apprenants de conduire une conduite d’entretien comportemental au réel, les conditions nécessaires ne peuvent être réalisées :

  • Client disponible en jour et en heure.
  • Client acceptant de présenter des problèmes personnels à une équipe d’apprenants.
  • Comportement de l’animal face à une population investissant son milieu de vie.

Pour se rapprocher au maximum du réel nous utilisons les jeux de rôle. Il existe deux formules :

  • Jeux de rôle durant les stages pratiques.
  • Jeux de rôle durant le distanciel.

Jeu de rôle durant les stages pratiques

Un milieu de vie est reconstitué avec des acteurs jouant le rôle des membres du milieu de vie ; dans les apprentissages du métier d’éducateur canin un chien est intégré dans la cellule de vie. Le contexte est décrit, l’apprenant prend la main et conduit l’action (conduite d’entretien pour les métiers du comportement animalier, cours d’éducation canine pour les enseignements canins. L’animateur accompagne l’apprenant, le guide et l’orient si nécessaire. La fin d’exercice donne lieu à une analyse critique de la prestation avec mise en évidence les points forts et les axes d’amélioration. La formation éducateur canin de l’ACCEFE vise à proposer à l’apprenant l’acquisition des compétences de base du métier.

Stage_comportement_2023 Ici l’IA n’a pas sa place, en faire l’usage en fin d’intervention montrerais sa propre incompétence et laisserais à supposer que tous les problèmes de coexistence dans le vivant peuvent se résoudre avec cet outil. Si dans la vie réelle le professionnel de l’ACCEFE rencontre une situation qu’il ne peut ou ne sait régler, il peut faire appel au centre de compétences de l’ACCEFE et ceci tout ou long de son parcours professionnel. 

 Jeu de rôle durant les distanciels

En fin de parcours de formation comportementaliste canin et de formation comportementaliste félin plusieurs mises en situation sont proposées. Un milieu de vie ayant un problème grave de comportement de son animal de compagnie est décrit. Plusieurs acteurs jouent le rôle des membres concernés. L’apprenant va devoir conduire son entretien de manière à réunir les éléments nécessaires à la compréhension de la situation. Cerner la problématique, faire définir les objectifs attendus. Il lui faudra, en différé :

  • Identifier la (les) causes de la production du dérèglement comportemental de l’animal ou du système.
  •  Proposer un programme de travail impliquant l’ensemble des constituants du milieu de vie.
  •  Indiquer les différentes étapes de la progression attendue.
  •  Évaluer les éventuels recours à une ressource vétérinaire, à quel moment, en présence de quels symptômes ?

Les propositions faites par les apprenants s’appuient le plus souvent sur le bon sens et les contenus des enseignements. Parfois on constate que l’apprenant a choisi d’utiliser l’IA ce qui amène plusieurs types de réponses.

 Utilisation de l’intelligence artificielle pour résoudre les problèmes de comportement animalier

Même s’il n’en est pas fait référence l’utilisation de l’IA dans la construction d’un programme évolutif est rapidement évidente et se résume à trois orientations principales possibles :

  • Réponse élargie

    La proposition brosse un tableau général des possibilités ou probabilités sans entrer dans le détail. Il n’y a pas de proposition concrète mais plutôt des explications impersonnelles.

  • Réponse ciblée

    Selon la complexité du problème des propositions « préfabriquées » se retrouvant dans la littérature ou les réseaux sociaux sont avancées. Elles manquent totalement de personnalisation, ne tiennent pas compte des motivations et des disponibilités des composantes du milieu. C’est un peu comme un tableau dans lequel on place chaque composante dans des case préétablies ne tenant aucun compte de la personnalité de chacun des participants humain ou animal.

  • Réponses contradictoires

    : il arrive, et c’est cela le plus grave que des propositions apparaissent dans le cadre précédent avec des recommandation qui ne font pas partie de notre étique et que souvent nous combattons, le plus souvent issues des théories de la hiérarchie et de la dominance.

 Conclusions

L’utilisation de l’intelligence artificielle dans les orientations comportementales du vivant pose de sérieux problèmes. La première question est « quelle est la source de compilation des connaissances de l’IA ? ».

La ressource de l’IA est bâtie à partie de l’exploitation de la circulation des information dans les réseaux et dans l’actualité. Ces données peuvent être objectives, erronnées, inadaptées ou pire malveillantes. Ceci veut dire que peut se trouver mêlées des informations à caractère scientifique, ésotérique, événementielles, manipulatoires, assemblées pour proposer des réponses à caractère véritable. Le danger est bien là, l’analyse étant permanente, ces vérités n’ont qu’un caractère temporaire et, selon la qualité des sources peuvent être biaisées, erronées, subversives. En clair les réponses de l’IA ne peuvent être directement transposables ou utilisables pour définir les comportements adaptés du vivant.

Clairement l’utilisation des réponses de l’IA pour orienter des comportements du vivant ou des thérapies psychanalytiques risque d’être monstrueuse et destructrice de la personnalité de la personne ou de l’animal qui l’accompagne.

Poser à l’IA un problème comportemental et appliquer les réponses qu’elle fournit est irresponsable. Elle abrutit l’interrogateur en lui apportant des réponses générales qui éliminent la démarche intellectuelle d’analyse et inhibent la capacité de réflexion. Pire, la démarche élimine l’emapthie nécessaire à la démarche en renvoyant l’intéressé vers une machine à raisonnement numérique froide et sans affectif.

Faut-il pour autant rejeter l’IA ?

L’immense base de données de l’IA présente un intérêt certain, mais les réponses ou propositions qu’elle suggère ne sont pas à prendre comme vérité argumentée définitive. D’ailleurs le système lui-même a la prudence d’annoncer que ses réponses sont perfectibles.

Il es intéressant de faire appel à l’IA lorsqu’on aborde un sujet général sur lequel on veut s’exprimer. Les réponses obtenues peuvent constituer un canevas de développement dont il est nécessaire d’analyser chaque proposition pour la valider ou la rejeter. Puis on ajoutera les argumentations qui sont personnelles et appartiennent aux convictions, connaissances, compétences personnelles.

Le schéma général étant ainsi établi c’est le moment de passer au développement de chaque argument. Pour enrichir l’argumentaire on peut alors à nouveau avec un esprit critique s’aider de l’IA, s’appuyer sur son propre parcours, se référer à une argumentation scientifique de qualité.

Une expérience conduite aux USA dans une université nous montre bien les dangers d’une mauvaise utilisation de l’IA.

Un sujet est soumis à deux groupes d’étudiants de niveau équivalent l’un ayant un accès à l’IA l’autre pas. Le rendu des deux groupes est assez proche, 70% des étudiants utilisant l’IA rendent un travail de bon niveau, 65% pour ceux ne l’utilisant pas.

Deux semaines plus tard on demande à chaque participant de résumer leur rendu antérieur. 40% des étudiants n’ayant pas utilisé l’IA restituent l’intégralité de leur présentation ; ceux ayant utilisé l’IA ne sont que 4% a pouvoir synthétiser leur travail antérieur.

Utilisée comme support ou base de développement en ayant un esprit critique l’intelligence artificielle est un plus dans l’acquisition des connaissances.

L’utilisation sans esprit critique de de l’intelligence artificielle pour obtenir des réponses aux questions qu’on se pose est la porte ouverte à la fabrique de crétins décérébrés.

 Et l’ACCEFE dans tout ça ?

A l’ACCEFE, dans l’acquisition des connaissances l’IA peut avoir une certaine utilité dans les formation comportementaliste canin, formation comportementaliste félin, formation coach canin, dans la mesure ou elle ne se substitue pas au travail personnel. En revanche elle se révèle inadaptée, inutile voir dangereuse pour l’acquisition de compétences.

formation éducateur caninLes stagiaires de la formation ECP3

Construction de la relation homme/animal

L’historique de la relation de l’homme à l’animal est maintenant assez bien connue. Avant le début de la domestication l’animal était une ressource alimentaire d’opportunité quelle que soit l’espèce, il nous a fallu ainsi en communauté apprendre à chasser pour survivre et alterner un régime alimentaire mixte, végétal et carné. L’élevage n’existait pas mais il était plus ou moins, quelle que soit l’espèce, ce que nous nommons aujourd’hui dans le cadre de l’élevage « animal de rente », à l’époque en suivant les troupeaux de mammifères, c’est-à-dire animal destiné à la consommation.

La relation inter espèce homme animal commence il y a environ 15 000 ans avec la domestication du chien. Elle se poursuit et se renforce il y a 6 000 ans au moment de la sédentarisation, avec le chat principalement actif pour protéger les récoltes des rongeurs s’attaquant aux récoltes et aux stockages des céréales, puis le cheval pour le transport et le travail de la terre, les bovins pour les travaux de traction, de labour, de nourrissage.

Commensalité réciproque

L’homme comprend bien l’utilité de cette coopération, il en tire bénéfice et voit sa sécurité alimentaire interdépendante avec ces espèces se développer. Réciproquement l’animal maintenant domestiqué s’adapte et trouve lui aussi un intérêt à cette convivance, hors période de disette sa recherche de ressource alimentaire se trouvant nettement simplifiée. Les espèces concernées vivent alors une forme de commensalisme bénéficiaire aux deux parties.

De cette interaction nait une relation de complémentarité, l’homme : « j’ai compris qu’il fait ou sait des choses que je ne peux pas ou ne sait pas faire », le chien : « lui sait organiser un mode de vie assurant la tranquillité et la sécurité ». Chaque partie conserve une part de mystère issue de sa perception sensorielle qui, pour l’humain, par extension ou ignorance peut revêtir une signification spirituelle.

Croyances

Ainsi se développent les croyances et religions animistes et chamaniques, l’inconnu ou l’incompréhensible appartient aux esprits ou à mère nature. Un lien de respect réciproque s’établit qui devient parfois affectif, l’animal entre dans la vie sociétale de l’homme. Parfois ce lien devient mystique, au-delà de l’intérêt collaboratif lié à la survie s’établit une relation à caractère spirituel, et lorsque le guide termine sa vie son compagnon l’accompagne encore au-delà de la mort.

En relation aux différentes espèces concernées on peut encore de nos jours rencontrer des relations affectives réciproques homme bovin, elles sont plutôt rares, alors que la relation homme équin est, elle, un peu plus présente mais freinée par les coûts importants nécessaires pour la maintenir dans un monde industrialisé et urbanisé.

Cheval_et_indien

Ces vingt siècles de cohabitation ont, avec plus ou moins de variations associées aux croyances, développé le besoin d’une relation affective à caractère inné que nous portons tous plus ou moins et qui, malgré la réduction de la ruralité, perdure chez une grande partie de nos contemporains citadins.

Évolution de la relation de l’homme à son animal de compagnie

Aujourd’hui, pour l’homme de la ville, il n’est généralement possible de satisfaire ce besoin persistant qu’avec un animal de petite taille tout du moins inférieure à la sienne, les rongeurs, les félins, les canins. Ici on différenciera la relation affective et la relation complémentaire. Aujourd’hui le « nouvel animal de compagnie » satisfait l’attente affective de nos confrères, mais cela à sens unique, il n’existe pas, peut-être à de rares exceptions près, de nouveaux animaux de compagnie utilisés pour un travail, explicitement capable de compléter l’activité humaine. Ainsi l’animal de compagnie devient animal objet jusqu’à devenir animal de consommation et substitution affective allant parfois jusqu’à la substitution de notre propre descendance par objet de substitution affective, le chien ou le chat enfant de substitution.

Pour le chat domestique la comparaison avec le chien montre des possibilités associatives différentes car il est prioritairement territorial, il n’est pas socialement coopératif. Cependant lorsqu’on lui propose une vie confinée, en appartement par exemple, il peut malgré tout développer des formes de socialité avec l’humain vivant avec lui. Dans cette situation, lorsqu’il s’adapte à cette restriction territoriale il peut s’attacher à son référent et produire une ébauche de comportement social dépendant. Il est alors complètement dépendant il est complètement, la réciproque inverse de dépendance, de l’homme à son chat, ne peut avoir dans ce cas qu’un caractère affectif, qui satisfait au moins partiellement ce besoin de contact à l’animal.

Le comportement social du chien

Sur ce sujet le chien hérite de la vie de son ancêtre le loup l’expression du besoin d’une existence communautaire, objectif implicite inscrit dans sa génétique, carrément Darwinien, la survie de la meute qui naturellement garantit la survie de l’espèce. C’est probablement le seul trait de caractère commun entre canis lupus et canis familiaris, nos chiens ne sont plus des loups. Clairement chacun doit assumer une activité bénéfique pour la communauté, à charge de la communauté de lui offrir le nécessaire pour sa survie, pour nos chiens cet héritage génétique lointain reste persistant. Le plus souvent nous n’avons pas conscience de cette exigence et par ignorance bridons ce besoin d’expression. Si le loup a des capacités d’adaptation au milieu de vie bien supérieures à d’autres espèces, le chien domestique a perdu ce potentiel, nos chiens ne sauraient survivre dans un milieu étranger. S’il est condamné à retourner vivre sans relation avec l’homme il reconstruit alors une structure sociale intraspécifique mais très lointaine de celle du loup, le plus souvent d’ailleurs il reste en périphérie de l’activité humaine.

La vie du chien dans les communautés humaines primitives

Dans ce qui reste des communautés humaines anciennes vivant avec des chiens, tribus encore isolées ou en voie d’occidentalisation, le canidé vit libre en groupe spécifique attaché à une cellule de vie humaine le plus souvent familiale de laquelle il fait intégralement partie. Dans les moments où la collaboration ne lui paraît pas nécessaire il évolue en périphérie, en pack, attentif aux actions humaines et, lorsqu’elles s’initient productives, participe en fonction de ses compétences. Si à la question « avons-nous un esprit » la réponse indigène est très largement et positivement unanime, la même question posée à propos du chien apporte la même réponse « comme nous le chien possède un esprit ». L’idée de réincarnation dans l’espèce uniquement est aussi relativement présente mais n’a pas de caractère systématique. Et Rosa, une indienne Pitaguary, de nous expliquer « les chiens sont comme des enfants de cinq ans, à la différence qu’ils sont bien plus faciles à éduquer que ces derniers ».

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Dans ces communautés la relation hétérospécifique n’est pas structurée par l’obéissance mais par la collaboration. Dans les tribus indiennes il n’y a pas de comportementaliste canin ou d’éducateur canin. Le Chaman ou le Cacique n’organisent pas de formation éducateur canin ou de formation comportementaliste canin. Chaque espèce respecte l’autre et ce que nous considérons comme l’acceptation des consignes de base est en fait l’acceptation de règles de vie communautaire. Il est naturel pour le chien de venir lorsqu’on l’appelle et pour son référent de ne solliciter l’animal que lorsqu’il en a besoin pour une tâche bien spécifique utile à la communauté, la chasse par exemple. Et pourtant les chiens collaborent sans réserve lorsque leur collaboration se montre nécessaire, on le voit encore dans notre monde avec le chien de travail capable d’aller jusqu’à l’épuisement lorsqu’une tâche lui est confiée. Bien sûr ils ne sont pas universels, ils ont chacun leurs propres capacités et compétences et connaissent intuitivement les domaines dans lesquels ils sont les plus performants.

Évolution de la relation homme / animal

Tout ceci l’homme moderne l’a gommé, l’animal se doit maintenant d’obéir même lorsque cela n’a rien de productif ou d’essentiel ou d’utile. Notre méconnaissance des besoins sociaux des chiens conduit souvent à les marginaliser en leur retirant toute initiative socialement fructueuse. C’est ici la source de ce que nous nommons les troubles du comportement, exiger l’absence de production comportementale, exiger des soumissions sans intérêt dans une présente situation ou incompatibles avec l’espèce, la race, la personnalité du sujet est contraire à leur nature. Le milieu de vie qui leur est bien souvent incompatible à l’expression de leur nature. C’est à partir de ces constatations que s’est créé le métier de comportementaliste.

L’objectif du comportementaliste ne devrait pas se restreindre à l’observation des comportements animalier, un peu comme si la médecine humaine se contentait d’observer des symptômes et s’évertuait à les faire disparaître sans s’intéresser à leur cause, mais doit s’investir à relever tout ce qui dans l’environnement peut être générateur de stress : la personnalité des référents, la structure familiale, l’aménagement spatial, la possibilité d’expression des besoins de l’animal, les structurations temporelles, l’activité, le repos, les routines, la nature même de l’animal. Une des principales erreurs dans ce métier est de se conformer à la référence en médecine humaine les DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) soit : la liste des symptômes induit la définition d’une pathologie comportementale – les actions et traitements à prescrire.

La nature de la relation homme / chien

On comprend alors que l’équilibre n’est pas uniquement réglé par l’obéissance mais par l’épanouissement réciproque. Cette philosophie est difficilement applicable dans notre mode de vie ou la cohabitation avec l’animal est de plus en plus en plus difficile. Et cependant les personnes qui ont la possibilité de s’engager dans ce sens en tirent un bénéfice réciproque significatif. A titre d’exemple, lorsque c’est réalisable, l’animal de compagnie qui accompagne son référent au travail ne produit pas de troubles du comportement, mieux il est un facteur d’apaisement du groupe professionnel et un motivateur de l’activité professionnelle du référent et de son entourage.

Education_canine_collectif

Si pour le chien de travail il est le plus souvent nécessaire d’obtenir une obéissance stricte, le chien de famille lui n’est mis que très rarement en situation d’objectif à atteindre sans délai. Bien entendu il existe des situations difficiles à interpréter pour l’animal pour lesquelles il est impératif de pouvoir anticiper préventivement car il ne peut ni ne sait interpréter toutes les situations de la vie développée par l’humain. L’éducation canine telle que nous la pratiquons en collectif est bien incapable d’apporter des réponses satisfaisantes à ce que nous venons de développer. Un catalogue de consignes à respecter quelles qu’en soient les circonstances n’a jamais permis d’affronter les variations permanentes de la vie, nous n’évoluons pas, heureusement, dans un monde répétitif et invariant réglé comme une horloge.

La réponse à cette interrogation resterait alors la capacité d’adapter les enseignements en fonction de l’animal lui-même et du milieu dans lequel il doit vivre. Certains éducateurs canins conscients du problème lié à l’enseignement collectif tentent de faire évoluer les méthodes en intégrant dans leurs prestations des exercices à caractère ludique ou stimulants. Cependant le fait même du collectif limite le temps disponible pour chaque dyade, une heure de cours par semaine proposé à une dizaine de participants laisse peu de temps à un travail créatif transposable dans la vie quotidienne.

Objectifs en éducation canine

Le premier frein est ici l’investissement à faire par le détenteur de l’animal. Un programme de cours particuliers à domicile n’a pas le même coût que la participation à des cours collectifs en club. Et pourtant l’efficacité des seconds est très relative. Il faut du temps pour obtenir des résultats significatifs dépersonnalisés et bien souvent les résultats obtenus en formation durant le cours collectif ne sont pas ou mal reproduits dans le milieu de vie.

Le second frein provient du niveau de compétences des éducateurs canins. Sans remettre en cause les méthodes qu’ils utilisent, certaines proches de la maltraitance, leurs connaissances en psychologie humaine sont souvent lacunaires.

Education_canine_individuel

Et nous arrivons ici à une double conclusion. Tout d’abord pour entretenir une relation harmonieuse avec son chien de compagnie il n’est pas nécessaire de l’obliger à apprendre un registre d’une cinquantaine de consignes à respecter à la lettre pour pouvoir vivre ensemble de manière équilibrée et épanouie. En clair l’éducation canine comme nous la pratiquons le plus souvent aujourd’hui ne serait pas adaptée à nos attentes. La réalité c’est que ce n’est pas le chien seul qui nécessite une éducation mais la dyade homme/chien. Si on veut se baser sur un standard élargi il est nécessaire de savoir choisir ce qui est important pour que le chien et son référent développent une relation riche et harmonieuse intuitivement acceptée dans leur contexte de vie.

Alors ? Éducateur canin ou comportementaliste canin ?

Dès lors on comprend que l’activité qui cherche à aider à créer une relation équilibrée avec l’animal de compagnie quel qu’il soit nécessite d’acquérir un minimum de connaissances puis de compétences en psychologie et relation humaine. Clairement les formations de comportementaliste animalier et d’éducateur animalier sont complémentaires et à notre époque ne devraient faire qu’une. A l’ACCEFE la formation comportementaliste canin et la formation éducateur canin se rejoignent en une seule formation coach canin, la formation comportementaliste félin aborde aussi le domaine restreint de l’éducation du chat.

Désolé de le dire ici, peu de formations professionnelles dans ces domaines ont le niveau requis par l’exigence du métier. La question concerne directement les enseignants. Seront-ils capables d’initier leurs apprenants à l’appréhension du fonctionnement du milieu de vie ? Ont-ils une expérience créative de l’éducation canine à passer aux apprenants pour l’enrichissement et la personnalisation de l’éducation canine ?

Cours_elearning_education_canine

Les propositions de formation exclusivement à distance ne sont que des leurres, comment pourraient-elles aider à conduire un entretien dans une famille et proposer une démarche évolutive et si nécessaire d’éducation adaptée. Comment sans aller au contact de chien peut-on prétendre avoir le minimum de compétences requises pour faire face à la diversité des situations générées par les chiens et leurs conducteurs sans en avoir rencontré physiquement ? Comment sans aller au contact des conducteurs de chien peut-on acquérir les compétences à les aider à devenir les référents de leur animal ?

Quelles conclusions ?

Reste maintenant à constater que l’ignorance et la méprise du contenu de la relation de l’homme à l’animal de compagnie, malgré les efforts associatifs et législatifs, est marquée par une sévère dégradation qualitative. L’animal lors de l’acquisition est attendu comme ayant des capacités sensorielles et un psychisme équivalent au notre, lequel dans sa réalité, dans chaque espèce est extrêmement varié en fonction des individus et des cultures. La réunion des deux espèces très différentes débouche rapidement sur un malentendu, les attentes anthropomorphiques ne pouvant être atteinte la séparation du fait de la décision de l’homme devient inévitable. Et c’est ainsi que, dans une société où nous sommes de moins en moins accaparés par le travail il y a de plus en plus d’abandons d’animaux de compagnie. Les refuges n’ont jamais eu à supporter sur des périodes aussi longues un flux de plus en plus important de de renoncements. L’intelligence artificielle se substituera-t-elle à la relation à l’animal de compagnie ? L’ami IA va-t-il remplacer l’ensemble de nos relations au vivant ?

Jean-Claude ARNAUD

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